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Côté Jardin Cannes by Steve Moracchini – Une sincère et touchante maison des plaisirs gourmands

De chef pâtissier à aubergiste, Steve Moracchini a fait le grand saut en ouvrant sa table Côté Jardin, à Cannes. Ancien et ultra-talentueux chef pâtissier de l’Hôtel Belles Rives, tant au restaurant gastronomique étoilé La Passagère qu’à l’Hôtel Juana, il reprend aujourd’hui cette adresse réputée depuis plus de 30 ans, nichée dans le tranquille quartier Saint-Louis / Petit Juas, à la fois si proche et si loin du tumulte bling-bling de la Croisette.

Depuis plusieurs années, l’idée de voler de ses propres ailes mûrissait discrètement dans son âme d’entrepreneur. Chef pâtissier et véritable poète de l’art du sucre, Steve n’en est pourtant pas à ses débuts dans l’univers du salé, bien au contraire. Aux Belles Rives, la famille Esteve, qui lui accordait une totale confiance, lui a confié les rênes des cuisines de leur seconde adresse : l’Hôtel Juana, lieu mythique et chargé d’histoire, où débuta un certain Alain Ducasse qui y décrocha sa toute première étoile. Pendant plusieurs saisons, Steve a ainsi orchestré déjeuners et dîners gourmands, dans une atmosphère à la fois douce et conviviale, une expérience saluée par un franc succès.

Aujourd’hui, en ouvrant, sa propre maison, il a souhaité partager son idée de l’hospitalité et du bien manger qui lui ressemble : simple, savoureuse, vraie et sincère et surtout à prix doux et juste, une gourmande maison de famille qui vous reçoit avec authenticité. Steve et son épouse Christine vous accueillent comme un ami cher dans leur douce auberge des temps modernes.

Au parcours d’une exigence rare, il se forme dès ses débuts au Lycée professionnel Auguste-Escoffier de Cagnes-sur-Mer, où il obtient un baccalauréat professionnel, suivi d’un BEP spécialisé et d’une mention complémentaire en desserts de restaurant. Refusant les chemins balisés, il choisit d’entrer directement dans le monde du travail, sans passer par l’apprentissage traditionnel. Ses premiers pas le mènent vers des établissements modestes, où la qualité n’est pas toujours au rendez-vous. Mais loin de s’en satisfaire, il nourrit en parallèle une quête personnelle : celle du geste juste et du goût vrai, et c’est auprès d’un artisan qu’il va pouvoir satisfaire cette envie : « le soir, après le service, je continuais d’apprendre pour perfectionner ma technique, et j’affinais patiemment mon savoir-faire, geste après geste. ».

Puis, dans cette même lignée, animé par une vision claire (celle de l’excellence), il s’immerge véritablement dans l’univers de la haute pâtisserie au sein d’une maison de pâtisserie-chocolaterie cannoise. Dès les premiers instants, il y découvre une rigueur qui résonne profondément en lui. Il poursuit alors son apprentissage auprès de professionnels exigeants, loin des projecteurs et du pastry-star-system, notamment aux côtés de Jean-Luc Beaume. Son talent le conduit ensuite à l’Hôtel 3.14 où il bénéficie d’une liberté d’expression précieuse, développant une pâtisserie créative pour une clientèle raffinée. Il rejoint par la suite l’univers festif et audacieux du Baoli Cannes, où il apprend à maîtriser des demandes spectaculaires, alliant précision, générosité et sens du détail. En 2012, il prend la tête de l’offre pâtissière de l’Hôtel Belles Rives. Aux côtés de Pascal Bardet, ancien du Louis XV, il affine son approche du produit, apprenant à en révéler la quintessence au moment juste. Ce compagnonnage marque un tournant décisif vers l’excellence. Puis, avec le chef Yoric Tièche, il participe à l’obtention d’une étoile au Guide Michelin en 2016, consacrant plusieurs années d’engagement et de précision, et enfin avec le chef Aurélien Véquaud, il poursuit cette quête avec ambition, visant toujours plus haut. Sa signature ? Une pâtisserie audacieuse, où les agrumes locaux rencontrent les essences florales et les herbes provençales, et où les légumes s’invitent avec subtilité dans l’univers sucré, à l’image de son emblématique accord fenouil-citron ou encore comme sa mythique Rose Belles Rives, ce qui lui vaut d’être sacré Chef Pâtissier de l’année 2016 par le Gault & Millau.

Après plusieurs années riches d’expériences, le désir d’indépendance s’impose comme une évidence. « Au bout de 14 ans, il était temps pour moi d’aller voir ailleurs, de vivre une autre vie avec un challenge qui m’appartient ». Un nouveau chapitre s’ouvre à lui, porté par une envie profonde de créer un lieu à son image. « Un alignement des planètes », comme aime à le dire son épouse Christine. C’est en effet, lors de l’organisation de leur mariage que le destin s’accélère : le propriétaire du lieu de réception lui évoque la vente de son établissement cannois, Côté Jardin… L’idée germe, devient projet, puis nécessité. Ensemble, ils se lancent avec passion dans cette aventure de vie et de goût.

Animé par une précision quasi horlogère, celle du gramme juste, et par un amour sincère des plaisirs de la table, il imagine une cuisine de partage, sincère et élégante, où chaque détail compte. Un art de vivre qu’il cultive avec générosité, fidèle à ces moments simples et précieux qu’il affectionne tant : ceux que l’on savoure entre copains, autour d’une bonne table. Ouvert depuis janvier, Steve et son épouse Christine vous accueillent chez eux comme des amis dans leur auberge contemporaine à l’esprit maison de famille. 

Telle une maisonnette de ville, Côté Jardin se laisse apprivoiser dès l’arrivée. Une fois la porte poussée, les enivrantes odeurs des fourneaux éveillent les sens, à l’image de la daube longuement mijotée au coin du feu proposée les vendredis. La lumineuse verrière ou la terrasse, véritable cocon, invitent à savourer un chaleureux déjeuner ou un dîner en franche simplicité et grande convivialité, et surtout sans se ruiner. 

Aux fourneaux, Steve s’est entouré de son ami et complice Patrick Lopez, chef passionné et sincère, dont le parcours s’est construit au fil de belles maisons de la région. Il a notamment évolué à La Mirabelle à Cannes dans le charmant quartier du Suquet, puis à La Place de Mougins aux côtés du chef Denis Fétisson, sans oublier Bessem, la table étoilée du talentueux Bessem Ben Abdallah. Ensemble, Steve et Patrick signent une cuisine néo-traditionnelle, à la fois enjouée et subtilement twistée, portée par un savoir-faire précis et des saveurs maîtrisées.

La carte, volontairement resserrée et pensée avec précision (quatre entrées, quatre plats, un fromage et trois desserts) se renouvelle chaque semaine, tout en conservant ses incontournables plébiscités. Elle s’enrichit également d’une entrée et d’un plat du jour plus sophistiqués, pour se faire plaisir, à l’image d’un Tournedos Rossini, qui viennent ponctuellement compléter une offre déjà maîtrisée et lisible, dans un esprit de gastronomie vivante d’aujourd’hui.

On commence par la très plébiscitée et iconique Terrine de campagne à l’estragon, présentée entière et tranchée à table, elle séduit par sa belle valeur et se titille de judicieux pickles de choux et d’un pimpant mesclun. Elle a une mâche tendue et peu grasse qui fait plaisir.

L’Œuf parfait sauce meurette, pain perdu : cet œuf qui porte avec fierté son nom de sa cuisson se nappe d’une onctueuse meurette au relief jus de viande et s’éclate de toute sa valeur sur un pain perdu à la fine croustille beurrée. Les copeaux de parmesan enveloppent le tout de leur identité. A la dégustation, la cuillère alors frétille et s’enivre de cette belle et gourmande camaraderie 

Croustillant de foie Gras fumé au foin, légumes de saison et marmelade de betterave :  ce délicat foie gras des champs enivre avec subtilité les papilles de son fumage au foin , il s’entiche de raison de la douceur terreuse d’une marmelade de betterave. Le palet, sur le dessous, vous fait craquer d’envie à chaque bouchée, quant aux pickles de chou-fleur et d’oignons rouges ils instillent une juste dynamique contrebalançant avec pertinence le gras du foie.

Sur la table à côté, les Poireaux confits, crumble de noisettes, vinaigrette au miel ont fier allure et donneraient envie de se faire ami-ami avec ses voisins afin de piocher sans pudeur et en toute convivialité dans leurs assiettes. 

Le vendredi, la fumante Daube provençale servie dans sa belle et grande cocotte noire Staub fait son spectacle en salle et attire toutes les convoitises. Elle s’encanaille des gnocchis, ces frétillants petits coussins qui se gorgent de vie et de joie de la sauce pour votre plus grand bonheur. On savoure, on sauce, on mange, on lèche presque et surtout on se régale sans complexe !

Choux farci du jardin, palet de céleri rôti et jus végétal : ce génial chou farci vraiment du jardin vibre de toutes ses saveurs 100% végétales. La farce en concentré des légumes prend des airs canailles et viandards et se relève en croque du palet rôti de céleri râve. Le délicat et pertinent thé blanc de légumes vient signer le tout avec excellence et raffinement. Un plat végétal qui a du mordant, même les plus carnivores y perdent leur conviction.  

Encornets façon pissaladière et crème de bagna cauda anisée : cet encornet parle couramment le nissart, farci de riz il évoque l’emblématique pissaladière, ravivée de bagna cauda, cette traditionnelle sauce tiède aux anchois habituellement servie avec les légumes qui ici s’anisent subitement du fenouil. La farce du riz se fait un peu compact, on aurait peut-être aimé un riz presque croustillant, dans l’idée du soccarat, pour apporter une texture dynamique, mais l’ensemble se savoure avec plaisir de cette belle identité provençale.

Pour les douceurs, impossible évidemment de passer à côté des créations de Steve. Sa passion des agrumes s’exprime avec cette Meringue aux agrumes de Méditerranée, crémeux citrons et caviar d’agrumes. La meringue en fine coque cache en son corps un crémeux tout citron qui se cadence de peps des claquants segments de citron. Ça fizz en toute conscience et nettoie avec bienveillance le palais. La sauce à l’orange, avivée des oranges et citrons confits, est celle d’une crêpe Suzette. Un dessert d’excellence. 

Le Mille et une feuilles caramélisées aux pommes joue dans le réconfort et le souvenir des pommes au four, la générosité de la crème et le fin feuilletage en dentelle, qui se caramélise de sa cuisson beurrée, en font une final affûtée et joyeuse. 

La carte des vins, en cours d’évolution, mériterait, pour la valeur de cette jolie table, une sélection un peu plus pointue de références de petits domaines et de vignerons qui ont une histoire à raconter

Le service évoque celui des bonnes auberges dédiées aux plaisirs gourmands, porté par la sincérité, la simplicité et la gentillesse. Christine, épaulée de Nora, apporte en salle une véritable fibre d’accueil et du recevoir, tandis que Steve, toujours présent, vient régulièrement s’enquérir du bien-être de ses hôtes avec joie et bonhomie. Un touchant duo attentif qui fait plaisir à voir et installe une convivialité douce et profondément authentique.

Le menu entrée plat dessert à 35€ midi et soir, plus une ou deux suggestion à la carte devraient faire entrer l’année prochaine cette adresse dans le monde des bib gourmands du Michelin. 

Côté Jardin by Steve Morachini est une pépite rare à Cannes  qui fait déjà courir les gastronomes de la ville  et des environs à la recherche du bon et du vrai, du sans chichi qui touche les sens avec délice et fait vibrer les papilles avec coeur et surtout, sans ruiner le portefeuille ! 

Au déjeuner menus – Plat unique 20€ – Entrée-Plat ou Plat-Dessert 27€ – Entrée-Plat-Dessert 35€

Au dîner – Entrée-Plat-Dessert 35€ – Suggestions gourmande du jour : Entrée 19€ – Plat 35€

Ouvert du Mardi au Samedi – 12h–14h / 19h–21h30

Côté Jardin by Steve Moracchini

12, avenue Saint-Louis

06400 Cannes

Tel. +33 4 93 38 60 28

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