La Merenda Nice – Dominique Le Stanc

La Merenda, qui signifie casse-croûte en niçois, est bien plus qu’un simple bistrot de poche situé dans le Vieux- Nice, c’est surtout et avant tout une institution de gourmandises et de spécialités niçoises pleines de vérité et d’authenticité que le Chef Dominique Le Stanc orchestre depuis 1996 avec son épouse Danielle. Une salle pas plus grande qu’un studio, des tables en bois et des tabourets avec coussins, des lithos d’artistes connus et reconnus, des menus de grandes Tables étoilées (où le chef a travaillé) encadrés et accrochés au mur, un plafond au style d’un jupon bouillonnant en lin, une cuisine comptoir où tout se montre et rien ne se cache, ouverte aux yeux des 20 clients, période post Covid oblige (25 en temps normal).

Dominique Le Stanc, au parcours plus que prestigieux, s’est formé et a travaillé auprès des chefs emblématiques de la grande gastronomie française, d’Alain Chapel à Mionnay, de l’Auberge de l’Ill à Illhausern, de Lenôtre à Paris, en passant par Alain Senderens à l’Archestrate…  C’est au début des années 80, qu’il décide de s’installer sur la Côte d’Azur, où on le verra un temps à Monaco, puis à Eze au Château Eza et enfin à Nice au Chantecler à l’Hôtel Negresco, reprenant la suite du bouillonnant et créatif Jacques Maximin parti ouvrir son restaurant : le Théâtre Jacques Maximin.

Le Stanc apportera au Palace niçois toute sa sincérité, toute sa sensibilité et reconquerra sous sa signature les deux étoiles. Mais les ors et les contraintes d’un établissement de cette envergure le font parfois s’échapper dans une cantine du Vieux-Nice, La Merenda, où il y découvre une cuisine niçoise dans son jus, sans chichi, pleine de verve. Cette adresse, qui a vu le jour en 1966, est tenue par un couple de niçois au tempérament bien trempé et aux frasques réputées, ces personnages qui laissent une empreinte vivante, ne l’indiffère pas, bien au contraire! Il se projette dans cette mini-salle, bien loin du cérémonial des hôtels de luxe. Il tombe véritablement sous le charme de cette cuisine de patrimoine, identitaire, simple, aux produits frais de saison. Les recettes traditionnelles et séculaires du Comté de Nice, ils les apprend auprès du couple, devenu des amis. Aspirant à une vie plus apaisée et sereine, il leur propose de reprendre l’établissement dès qu’ils souhaitent vendre leur affaire. Il quitte alors le Negresco et ses deux étoiles en 1996 et revient à une dimension humaine et familiale qui lui convient mieux. Ainsi, la Merenda passe entre les mains d’un chef heureux et soulagé.

Aujourd’hui, cet intime bistrot est toujours et encore plus une adresse sur laquelle il faut compter dans le Vieux-Nice pour un déjeuner ou un dîner d’une gourmandise exemplaire. Les habitués, les touristes, les notables et les fins gourmets aiment à écarter ce petit rideau de porte des épiceries provençales d’autrefois, tintant au passage de chaque client, et se retrouver dans cette petite salle (parfaitement aménagée pour respecter la distanciation sociale en cette période) presque dans un coude à coude, un peu plus « lointain » actuellement, pour venir s’encanailler dans une atmosphère authentique des délices de cette famille.

La carte proposée sur l’ardoise varie suivant la saison et les produits du marché du Cours Saleya voisin est une ode à la cuisine nissarde. Il n’est pas rare de croiser le Chef en vélo faire ses courses le matin et « papoter » avec ses fournisseurs-producteurs-amis : les pâtes et panisses viennent de Chez Barale ou Roda, les légumes et tomates gorgés de bonheur de chez Jacqueline Risso, le pain craquant au bon goût de levain du Fournil de Maître Pierre et même les fleurs viennent de l’un des plus authentiques et abondant fleuristes du Cours, Jean-Pierre Mege…

Pour commencer, si la saison est de mise, n’hésitez pas une seconde à commander l’emblématique Tarte à la tomate. L’excellence de la tomate est dans cette part de tarte, tel un « gâteau » d’une pâte fondante et craquante à la fois. Les tomates cerise regorgent d’un soleil enflammé et éclatent de leur sucrosité naturelle, telle une douce et gourmande compotée, les olives de Nice contrastent et recentrent parfaitement le goût et le basilic fraîchement ciselé « chante » naturellement en bouche. Une entrée addictive à ne rater sous aucun prétexte!

La Soupe au Pistou : véritable tradition de la cuisine niçoise et provençale est d’une suavité émouvante, les légumes entre le fondant et le croque « titillent » le palais, la légère sucrosité des tomates donne une souplesse de gourmandise, vite rehaussé du pistou. La texture de la soupe est fine, bien balancée et parfaitement appétante.

©lepetitlugourmand
La Soupe au Pistou ©lepetitlugourmand

Une autre entrée éphémère à saisir dans toute sa splendeur : les beignets de fleurs de courgette. La pâte traditionnelle est fine, légère et croustillante, laissant toute la spontanéité et le moelleux du coeur des fleurs qui chantent l’été.

La ratatouille est encore un exploit de gourmandise et de saveurs : tout est simplement raffiné d’une évidence désarmante. Les légumes sont tous là, individuellement, les uns avec les autres pour les autres et donnent une douceur franche. Vous n’aviez surement jamais vraiment mangé de Ratatouille auparavant…

©lepetitlugourmand
La ratatouille ©lepetitlugourmand

Le Stockfish (plat emblématique de Nice fait à base de morue séchée et tomatée) est ici en puissance maîtrisée et raffinée, le poisson garde de sa belle texture et la sauce à la délectable onctuosité nous rappelle bien la maîtrise et la technicité d’un chef étoilé.

©lepetitlugourmand
Le Stockfish ©lepetitlugourmand

La Daube de boeuf à la provençale et panisse est le plat réconfortant et subtil, le boeuf est fondant et texturé en même temps, la sauce mijotée est encore une fois fine et goûteuse.

©lepetitlugourmand
La Daube de boeuf à la provençale et panisse ©lepetitlugourmand

Les Petits farcis niçois sont également une institution des plats nissarts, mais souvent bafoués et mal traités où les légumes sont bouillis à la farce sèche et sans vertu. A la Mérenda, ils gardent toute leur identité et valeur gourmande, le poivron est confit, la tomate sucrée de plaisir, la courgette est vaillante, l’oignon est doux et heureux, et la farce accompagne ce petit monde tendrement et sincèrement.

©lepetitlugourmand
Les Petits farcis niçois ©lepetitlugourmand

Difficile de résister aux douceurs et notamment à la Tourte aux Blettes sucrée qui du haut du comptoir vous interpelle régulièrement de sa gourmandise pendant le repas. Mais, vous avez au fond de vous, cette petite crainte de vous entendre dire au moment fatidique :  » aïe désolé, je viens juste de vendre la dernière…. » mais la chance et le bonheur sont là. La pâte est craquante au petit goût subtil de zeste de citron qui ravive les blettes enrobées de raisins secs et de pignons de pin.

La Mousse au chocolat à la fine densité fera plaisir aux afficionados de mousse maison et les Cerises marinées citron-menthe rappellent la cueillette dans les vergers les soirs d’été.

La carte des vins se limite par tradition de cette maison à deux ou trois flacons dont un Bellet.

Le chef Dominique, Danielle son épouse, Louis le cuisinier, le plongeur et en salle Ariel, tous de concert, vous invitent à vivre un moment unique et vrai dans ce mouchoir de poche à la grandeur gourmande. La Merenda est l’adresse à Nice pour découvrir avec véracité et précision le patrimoine de la cuisine nissarde signée par un Chef sincère et passionné.

©lepetitlugourmand
Le Chef Dominique Le Stanc et son équipe ©lepetitlugourmand

Entrées 10 à 14€ – Plats 16 à 23€ – Desserts 6€

La Merenda

4, Rue Raoul Bosio

06300 Nice

Ouvert du lundi au vendredi au déjeuner et dîner

Reservation sur place ou en messagerie Instagram La Merenda Nice