La Principauté et la Côte d’Azur brillent dans le Guide Michelin 2026
Après Cognac, Tours et Metz, Monaco a vécu lundi dernier un moment d’exception gastronomique : pour la première fois de son histoire, la Principauté a eu l’honneur d’accueillir la prestigieuse Cérémonie du Guide MICHELIN France & Monaco 2026. La soirée était organisée au Grimaldi Forum, en présence de Leurs Altesses Sérénissimes Charlène de Monaco et Albert II de Monaco.
Le directeur international du Guide, Gwendal Poullennec, s’est déclaré ravi d’accueillir les plus grands chefs de France, de Monaco et d’Europe, ainsi que journalistes, partenaires et professionnels du monde culinaire. Il a entamé son discours ainsi : « …. Il y a 126 ans, dès la première édition du Guide, son histoire s’écrivait déjà ici, à Monaco ! Avec trois adresses d’hôtels, qui existent encore aujourd’hui, Monte-Carlo faisait déjà partie du Guide Michelin dès l’origine. »

Le Guide Michelin, une légende vivante
Le Guide Michelin, quoi qu’en disent ses détracteurs, qu’il s’agisse de ses décisions, de ses partenariats, de ses alliances, de son expansion internationale ou encore de ses nouvelles distinctions, comme les Clefs pour les hôtels ou les grappes pour le vin, demeure une référence absolue.
Respecté, parfois redouté par les chefs et les restaurateurs, il continue surtout de fasciner les gastronomes. Ces derniers sont d’ailleurs de plus en plus jeunes, grâce à l’essor des plateformes et applications digitales qui renforcent l’accès à ses sélections. Pour beaucoup, figurer dans le Guide Michelin reste la garantie de vivre une expérience culinaire authentique, mémorable et unique.
Mais au fond, qu’est-ce vraiment que le Guide Michelin ? Quelle est son histoire ? Et selon quels critères attribue-t-il ses célèbres distinctions ?
Il était une fois un petit livret rouge, né en 1900 sous le doux nom de Guide Michelin. À ses débuts, il était loin d’imaginer qu’il deviendrait le souverain incontesté des tables et des étoiles.

Sa mission initiale était simple : accompagner les premiers automobilistes dans leurs voyages. Il leur indiquait où trouver une station-service, un garage pour réparer une roue, ou encore un endroit où se restaurer et passer la nuit. En somme, un véritable compagnon de route pour les aventuriers de l’époque, curieux de découvrir le monde, kilomètre après kilomètre.
Mais le destin s’en mêla… Un jour, André Michelin découvrit son propre guide… utilisé comme simple cale-pied dans un garage ! C’en était trop. Il prit alors une décision radicale : le Guide deviendrait payant. Car, selon lui, « tout ce qui est gratuit est moins apprécié ».

Et c’est ainsi que, peu à peu, le Guide Michelin se transforma. De simple manuel pratique, il devint une référence gastronomique mondiale, distribuant ses fameuses étoiles et distinctions, comme le Bib Gourmand, à celles et ceux qui savent éveiller les sens et sublimer les produits.
Aujourd’hui, ses inspecteurs sillonnent le monde dans le plus grand secret. Incognito, ils goûtent, observent et évaluent avec rigueur, à la recherche de ces tables d’exception qui font vibrer le cœur des gourmets.
Du papier au numérique, du restaurant étoilé au petit bistrot de quartier, le Guide Michelin continue d’accompagner nos envies d’évasion culinaire, avec la même exigence et la même passion.

De simple compagnon de route pour automobilistes à complice des palais les plus fins, ce petit livret rouge est devenu une véritable légende, un trésor de la gastronomie, qui se savoure autant avec les yeux qu’avec les papilles, promesse de souvenirs intenses et d’instants suspendus… parfois au prix de quelques folies, mais toujours pour le plaisir d’une expérience unique.
Comme le rappelle d’ailleurs le Guide lui-même : « L’inspecteur se comporte comme n’importe quel client classique, afin de s’assurer que les lecteurs vivront par la suite la même expérience que lui. »
Derrière chaque étoile MICHELIN, il y a de véritables explorateurs du goût, des femmes et des hommes dont la passion pour la gastronomie est chevillée au corps. Armés de leur curiosité et d’un palais affûté, ils parcourent le monde à la recherche de LA table qui fera battre le cœur des gourmets. Du palace majestueux où la dorure rencontre la crème brûlée, à la cantine de quartier où le parfum d’un bouillon vous fait sourire, du petit bistrot chaleureux au stand de street food qui pétille d’odeurs, ils goûtent à tout, toujours dans l’anonymat le plus délicieux.
Chaque année, ces inspecteurs dégustent plus de 250 repas discrets, appelés « essais de table », et notent avec la précision d’un pâtissier chaque texture, chaque cuisson, chaque émotion dans leurs rapports. Mais loin de l’image du détective austère gribouillant ses impressions sur un carnet, ils se comportent comme n’importe quel client : réservation sous un nom d’emprunt, commande, dégustation, et même paiement intégral de l’addition. Leur secret ? L’anonymat et l’indépendance, les deux épices indispensables pour que chaque lecteur retrouve exactement l’expérience qu’ils ont vécue.
Mais attention, n’est pas inspecteur qui veut ! Il faut d’abord avoir une solide expérience d’au moins dix ans en hôtellerie-restauration, un palais aussi affûté qu’un couteau de chef, et la capacité de mettre de côté ses goûts personnels pour juger chaque plat avec la plus grande objectivité. Connaissance des produits, des terroirs et des cultures culinaires du monde entier, sensibilité aux saveurs, finesse dans la perception des émotions… tout cela se conjugue pour transformer un repas en une aventure gustative mémorable.

Cinq critères guident chaque dégustation : la qualité des ingrédients, la maîtrise des cuissons et des techniques, l’harmonie des saveurs, la personnalité et l’émotion transmise par le chef, et enfin la régularité de la cuisine, que ce soit au sein d’un menu ou lors de visites répétées. Ces règles d’or permettent aux inspecteurs de noter tous types de restaurants, du coin animé d’un food court taiwanais au palace élégant de Paris, avec la même exigence.
Et tout cela se fait en équipe : les inspecteurs partagent leurs impressions, comparent leurs découvertes et prennent leurs décisions collégialement. Les étoiles, elles, sont le clou du spectacle : elles ne sont attribuées qu’à l’unanimité lors des « Séances Étoiles », réunissant le Directeur international des Guides MICHELIN, les rédacteurs en chef locaux et tous les inspecteurs concernés. En cas de désaccord, on retourne à la table, encore et encore, jusqu’à ce que tout le monde soit convaincu.
Au final, derrière chaque assiette étoilée, se cache une passion immense, un sens aigu de l’objectivité et un soupçon de magie gastronomique. Grâce à ces explorateurs du goût, chaque lecteur peut savourer, partout dans le monde, la même émotion, comme une bouchée d’étoile fondante sur la langue.
Derrière les étoiles : les critères Michelin
Les 5 critères des inspecteurs
- Qualité des produits : ingrédients excellents, frais, de saison et origine claire
- Maîtrise des techniques de cuisson : cuisson parfaite, sauces maîtrisées, textures équilibrées
- Harmonie des saveurs : plats équilibrés et cohérents
- Personnalité du chef : style propre et identité culinaire reconnaissable
- Régularité : qualité constante sur toute la carte, toute l’année et lors de plusieurs visites
Signification des étoiles
- ⭐ 1 étoile : très bonne table dans sa catégorie
- ⭐⭐ 2 étoiles : cuisine excellente, mérite un détour
- ⭐⭐⭐ 3 étoiles : cuisine exceptionnelle, mérite le voyage













Les Bib Gourmand et les nouvelles étoiles
En février dernier, le Guide a annoncé l’attribution de ses nouveaux Bib Gourmand, une distinction qui récompense les établissements proposant une cuisine de grande qualité à prix maîtrisé. Ce label met à l’honneur un excellent rapport qualité-prix allié à une constance dans l’assiette, avec généralement la proposition d’un menu complet (entrée, plat et dessert) autour d’une quarantaine d’euros, au déjeuner comme au dîner. Dans la région, deux établissements se sont particulièrement illustrés : L’Orangerie à Menton, Chefs Yumico et Mitsu Mashita et Le Café des Musiciens à Nice, Chef Christopher Edwards font désormais partie des heureux élus.


Cette année, le Bibendum a récompensé 62 nouvelles tables dans le millésime 2026. Le palmarès atteint ainsi 668 restaurants étoilés en France et à Monaco, répartis de la manière suivante : 31 restaurants trois étoiles, 84 deux étoiles et 553 une étoile; à cela s’ajoutent 430 établissements distingués par un Bib Gourmand.
Tout a commencé à la veille de la cérémonie, à l’Hôtel de Paris Monte-Carlo qui a accueilli un dîner des chefs inédit et exceptionnel. Organisé par la Société des Bains de Mer (le resort le plus étoilé au monde), partenaire de l’événement, ce moment d’exception a réuni l’élite de la gastronomie.
Cent dix étoiles étaient ainsi rassemblées, guidées par Alain Ducasse et inspirées par la naturalité méditerranéenne. Le dîner a mis à l’honneur les trésors de la Riviera : pois chiches, rougets, agrumes et légumes, sublimés dans des assiettes où textures, jus et saveurs racontaient toute la force et la vivacité contemporaine de la Méditerranée.

Parmi les convives, S.A.S. le Prince Albert II de Monaco, Stéphane Valeri, Président-Délégué de Monte-Carlo Société des Bains de Mer, ainsi que Gwendal Poullennec, ont célébré le talent et l’esprit de partage aux côtés de près de 250 chefs, professionnels et journalistes.
Une soirée magique, au cours de laquelle Monaco a rappelé sa place unique sur la scène gastronomique internationale : un territoire de seulement 2 km², mais qui concentre la plus forte densité d’étoiles du Guide Michelin au monde.
La nouvelle garde de la Riviera
Pour le millésime 2026, le Guide Michelin a une nouvelle fois célébré notre belle et riche région, mettant en lumière les talents qui propulsent la Riviera au rang de terre de haute gastronomie contemporaine et vivante.
Cette dynamique, on la doit notamment à l’émergence d’une nouvelle garde de chefs : formés dans les plus grandes maisons, souvent passés par Paris, ces jeunes talents insufflent aujourd’hui une énergie nouvelle, audacieuse et inspirée.

Impossible de ne pas évoquer Alain Ducasse, visionnaire, qui a confié les rênes du Louis XV à Emmanuel Pilon (lire article), insufflant à cette institution une contemporanéité époustouflante. Dans un registre créatif et singulier, Tom Meyer, à La Chèvre d’Or (lire article), transforme chaque assiette en une œuvre ciselée, au point d’en faire oublier la vue spectaculaire. Toujours à Eze, Justin Schmitt, élève le Château Eza (lire l’article) de sa griffe contemporaine aux influences marines délicieusement pertinentes. Au Cap Estel, Kevin Garcia fait vibrer les produits de la région avec sensibilité et précision, tandis que Selim Mnasri, à Epicentre, épice nos palais avec justesse et modernité. À Mareluna, Francesco Fezza (lire l’article) nous entraîne dans un univers tridimensionnel, entre Italie, France et Japon, riche en émotions et en contrastes. Le duo Florencia Montes et Lorenzo Ragni, à ONICE (lire l’article), bouscule les codes avec une cuisine à la fois pointue, gourmande et joyeuse. À La Passagère, au sein du mythique Hôtel Belles Rives, Aurélien Véquaud (lire l’article) propose une cuisine iodée, vibrante et envoûtante. Au Palais de la Méditerranée, Sébastien Roux (lire l’article) sublime les produits du terroir avec délicatesse, relevés d’agrumes et d’émotions. Au Domaine du Mas de Pierre, Rodolphe Loury, au parcours étoilé impressionnant, défend une cuisine engagée, profondément ancrée dans le respect du produit et de la nature (lire l’article). Dans un registre plus accessible mais tout aussi enthousiasmant, certaines adresses de cuisine de marché brillent également, comme l’épatant duo Jacopo Marini et Claudio Marsico à Mar Mar à Nice (lire l’article) ou encore Michaël Abihssira et son associé Sasha Dorfmann qui ont redonné vie au Café de la Fontaine (lire l’article), désormais redevenu un lieu plus que fréquentable et recommandable déjà adulé des grands chefs de France et de Navarre.



Les nouvelles étoiles et distinctions 2026
Pour la Côte d’Azur (Alpes-Maritimes et Var) ainsi que Monaco, ce sont désormais sept nouveaux restaurants qui décrochent leur première étoile :
À Nice, l’étoile tant attendue vient consacrer le parcours du « petit scarabée » de Marcel Ravin, Selim Mnasri, pour son restaurant Épicentre, à la cuisine organique et sensible subtilement soufllée d’épices (lire l’article).

À Èze-Bord-de-Mer, Kevin Garcia redonne tout son éclat mérité au Cap-Estel : cette belle et intime demeure emblématique de la Riviera (lire l’article).

À Saint-Paul-de-Vence, Rodolphe Loury apporte une étoile à la Table de Pierre au très élégant Domaine du Mas de Pierre, confirmant son ascension remarquable (lire l’article).

Dans l’arrière-pays niçois, à Valdeblore, Louis-Philippe Riel est récompensé pour l’Auberge de la Roche, saluée pour la sincérité et la force naturelle de ses assiettes.

En Principauté, Jonathan Larrieu permet à Robuchon Monaco de porter à 14 le nombre d’étoiles sur le territoire.

Dans le Var, plusieurs tables sont également distinguées : à Bandol, Martin Féragus pour Les Oliviers, au Lavandou, Antoine Gras pour L’Oursin, au sein de l’Hôtel Les Roches et à Toulon, Anthony Denon pour sa table Shanael. Enfin, dans les Bouches-du-Rhône, deux anciens candidats de Top Chef atteignent le graal tant mérité : Coline Faulquier pour Auffo, et Ilane Tanchant pour L’Oursin.





Concernant les deux étoiles, la région n’a pas été distinguée cette année. On note toutefois, à Paris, l’arrivée remarquée de Hakuba, une table immersive qui réunit le maître sushi Takuya Watanabe, le chef Arnaud Donckele et le chef pâtissier Maxime Frédéric, pour un omakase à six mains d’une rare intensité émotionnelle.


Côté trois étoiles, une seule nouvelle distinction a été attribuée, à Les Morainières, portée par le chef Michaël Arnoult, consacrant une cuisine d’une grande finesse.


Dans la région à Flassans-sur-Issole, le Prix de la Gastronomie Engagée (anciennement étoile verte) a été décerné à Benjamin Le Balch pour sa table Chez Jeannette, saluée pour son engagement et sa vision durable.


Pour le Prix du Service, c’est à Monaco que les regards se tournent, avec Marco Tognon, qui orchestre avec excellence la salle des Ambassadeurs by Christophe Cussac, à l’Hôtel Métropole Monte-Carlo.


Au cours de cette soirée, plusieurs moments ont profondément ému l’audience, notamment lors de la remise du Prix du Chef Mentor à Pierre Gagnaire. Ovationné par ses pairs et par l’ensemble des professionnels présents, il a reçu un hommage vibrant, salué par une standing ovation empreinte de respect.
« La grandeur d’un chef se mesure à ce qu’il transmet. Un mentor permet à celles et ceux qu’il inspire de se révéler, de s’affranchir… et de devenir libres de créer. Un mentor, ce n’est pas seulement un chef que l’on admire. C’est quelqu’un qui inspire par sa créativité, qui guide par son exemple, et qui, par sa générosité, permet aux autres de grandir à leur tour. »


La Principauté compte désormais 14 étoiles réparties sur 9 établissements, dont 10 étoiles pour les tables du groupe Société des Bains de Mer, confirmant une fois de plus le rayonnement gastronomique exceptionnel de Monaco.
- Les 1 étoiles pour Monaco
Elsa Marcel Ravin
Le Grill
Pavyllon, un restaurant de Yannick Alléno, Monte-Carlo
Robuchon Monaco – Nouveau
La Table d’Antonio Salvatore au Rampoldi
- Les 1 étoiles pour les Alpes-Maritimes et le Var :
Antibes (06) : Louroc – Hôtel du Cap-Eden-Roc
Antibes (06) : Les Pêcheurs
Beaulieu-sur-Mer (06) : Le Restaurant des Rois – La Réserve de Beaulieu
Biot (06) : Les Terraillers
Cannes (06) : La Palme d’Or
La Colle-sur-Loup (06) : Alain Llorca
Èze (06) : Château Eza
Èze-Bord-de-Mer (06) : La Table du Cap Estel – Nouveau
Juan-les-Pins (06) : La Passagère – Hôtel Belles Rives
Mandelieu-la-Napoule (06) : Bessem
Nice (06) : Les Agitateurs
Nice (06) : L’Aromate
Nice (06) : Le Chantecler
Nice (06): Épicentre – Nouveau
Nice (06) : JAN
Nice (06) : ONICE
Nice (06) : Racines – Bruno Cirino
Roubion (06) : Auberge Quintessence
Saint-Jean-Cap-Ferrat (06) : Le Cap
Saint-Paul-de-Vence (06) : La Table de Pierre – Nouveau
Théoule-sur-Mer (06) : Mareluna
Théoule-sur-Mer (06) : L’Or Bleu
Valdeblore (06) : Auberge de la Roche – Nouveau
Villeneuve-Loubet (06) : La Flibuste
Les Arcs (83) : Le Relais des Moines
Bandol (83) : Les Oliviers – Nouveau
La Croix-Valmer (83) : La Palmeraie – Château de Valmer
Flassans-sur-Issole (83) : Chez Jeannette
Flayosc (83) : Le Jardin de Berne
Lavandou (83) : L’Oursin – Hôtel Les Roches – Nouveau
Lorgues (83) : Bruno
Saint-Tropez (83) : Arnaud Donckele & Maxime Frédéric at Louis Vuitton
Saint-Tropez (83) : Colette
Saint-Tropez (83) : La Terrasse – Cheval Blanc St-Tropez
Toulon (83) : Shanael – Nouveau
Tourrettes (83) : Faventia
- Les 2 étoiles pour Monaco
Les Ambassadeurs by Christophe Cussac
- Les 2 étoiles pour les Alpes-Maritimes et le Var
Le Cannet (06) : La Villa Archange
Èze (06) : La Chèvre d’Or
Nice (06) : Flaveur
Ramatuelle (83) : La Voile – La Réserve Ramatuelle
- Les 3 étoiles pour Monaco
Le Louis XV – Alain Ducasse à l’Hôtel de Paris
- Les 3 étoiles pour les Alpes-Maritimes et le Var


