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Bruno Oger — Un homme, un chef, un aubergiste : l’élégance du goût juste et l’art de recevoir entre étoiles Michelin et étoiles du cinéma

Véritable aubergiste des temps modernes, Bruno Oger n’est décidément pas un chef comme les autres. Son parcours, à la fois simple, évident et fulgurant, en témoigne. Passionné de cuisine depuis l’enfance, il nourrit très tôt ce dessein presque viscéral : travailler un jour dans les cuisines d’un restaurant triplement étoilé.

Ce jeune Breton du Morbihan, formé au lycée hôtelier de Dinard, se retrouve en 1987 face à un choix aussi rare que vertigineux : intégrer les brigades de deux monuments de la gastronomie française, Paul Bocuse ou Georges Blanc, tous deux auréolés de trois étoiles Michelin. À seulement 21 ans, il choisit Vonnas et son emblématique maison bressane, la plus anciennement étoilée au monde sans discontinuité depuis 1929. Auprès de Georges Blanc, Bruno Oger s’investit avec une passion et une rigueur peu communes. Il y apprend l’art de sublimer les produits du terroir d’exception avec une élégante gourmandise, à l’image de l’inoubliable Poularde de Bresse « Elisa Blanc » et de ses crêpes vonnassiennes. Très tôt, le grand chef décèle en lui un potentiel hors norme et lui accorde une confiance totale. Bruno Oger devient rapidement l’un de ses plus proches collaborateurs. En 1990, lorsque Georges Blanc signe l’offre culinaire du restaurant Le Normandie au mythique Mandarin Oriental de Bangkok, alors sacré meilleur hôtel au monde, il confie à Bruno Oger, âgé de seulement 23 ans, le poste de chef exécutif. Quatre années en Thaïlande qui le marqueront profondément, tant sur le plan humain, que culinaire et personnel, ouvrant son regard et affinant sa sensibilité. De retour en France en 1994, il n’est plus tout à fait le même et reprend place à Vonnas en tant que chef exécutif du restaurant gastronomique, mais l’appel du soleil et le désir de s’exprimer pleinement, en racontant enfin sa propre histoire, se font pressants. En 1995, il quitte la Bresse pour la Côte d’Azur. Le palace cannois l’Hôtel Majestic lui confie la direction de ses cuisines : un nouveau monde s’ouvre alors à lui.

Il y découvre un territoire généreux, des produits gorgés de soleil et de vie, et s’approprie peu à peu les saveurs de cette Riviera qu’il apprivoise avec bonheur. Quelques mois seulement après son arrivée, à la veille de l’ouverture du Festival de Cannes, il inaugure sa table gastronomique La Villa des Lys, nichée au cœur du palace, face à la mythique montée des marches. Bruno Oger n’a jamais cherché à devenir un chef star. Il est pourtant devenu, presque naturellement, le chef des stars, celui que l’on appelle quand l’excellence doit se faire discrète et mémorable. Très vite, son nom s’impose comme une signature de la grande gastronomie française, reconnue bien au-delà des frontières. Son parcours est fulgurant : il orchestre notamment les dîners officiels des 50ᵉ, 60ᵉ et 70ᵉ anniversaires du Festival de Cannes, ces soirées où la table se doit d’être à la hauteur du tapis rouge.

En 1997, le Guide Michelin lui attribue une première étoile. Trois ans plus tard, le Gault & Millau le sacre Cuisinier de l’Année. Puis, en 2005, la seconde étoile vient couronner une cuisine arrivée à pleine expression, à la fois précise, sensible et profondément généreuse. Mais derrière les ors du Majestic, les priorités évoluent. Bruno Oger ressent alors une envie plus intime : celle d’ouvrir sa propre maison, un lieu à taille humaine, où il peut recevoir ses convives comme on reçoit des amis. Il quitte la Croisette sans vraiment s’en éloigner, à la recherche d’un refuge où écrire un nouveau chapitre.

C’est en 2009, sur les hauteurs du Cannet, qu’il découvre la perle rare : une bastide abandonnée, à l’ombre de Cannes, silencieuse et chargée de promesses. Le coup de foudre est immédiat, partagé avec son épouse Hélène. « C’était un squat, mais nous nous y sommes projetés instantanément. Il y avait une énergie incroyable, quelque chose de très positif. Nous avons su à ce moment là que ce n’était pas seulement une entreprise, c’était un projet de vie.« 

Datant du XVIIIᵉ siècle, cette bastide provençale a connu de belles heures, elle fut autrefois la demeure d’Alice Chavane de Dalmassy, journaliste emblématique du magazine Elle, qui y recevait les grands noms de la mode : Pierre Cardin, Yves Saint Laurent, Hubert de Givenchy ou Christian Dior. À sa disparition, la maison est léguée à la Ville du Cannet et s’assoupi peu à peu, jusqu’à ce que Bruno et Hélène Oger viennent réveiller cette belle endormie.

« Redonner vie à cette maison après quarante ans d’abandon a été une aventure extraordinaire. Nous avons voulu respecter son histoire, restaurer certains meubles existants, conserver son âme. Notre souhait était simple : créer une maison élégante, chaleureuse, sincère, sans ostentation », raconte le chef.
Pour préserver cet esprit, le couple fait appel à une architecte et une décoratrice novices dans l’univers de la restauration. « Nous avons volontairement fait appel à une architecte et à une décoratrice qui n’avaient jamais travaillé pour des restaurants, afin de préserver cet esprit de Grande Maison et non pas créer un restaurant figé. » Et Bruno Oger de conclure avec simplicité : « Lorsque vous franchissez les portes de notre bastide, vous entrez chez nous, vous êtes nos invités privilégiés. J’aime à dire que nous sommes des aubergistes des temps modernes. « 

Le 7 mai 2010, La Bastide Bruno Oger ouvre officiellement ses portes. Pour marquer ce moment fondateur, le chef est entouré de deux figures emblématiques de la gastronomie française : Georges Blanc et Anne-Sophie Pic, parrain et marraine de l’établissement. Une bénédiction culinaire, comme un passage de flambeau, qui inscrit d’emblée la maison dans la grande tradition des tables d’exception.

Et la magie opère presque aussitôt : à peine dix mois après cette inauguration, La Villa Archange (lire l’article), le restaurant gastronomique de la Bastide, se voit décerner deux étoiles au Guide Michelin. Une reconnaissance fulgurante, rare, qui vient saluer une cuisine déjà aboutie, précise et profondément habitée, et confirme que cette maison, née d’un rêve intime, est désormais entrée dans le cercle très fermé de la Haute Gastronomie Française.

Dans le même élan, Le Bistrot des Anges se distingue à son tour : récompensé d’un Bib Gourmand par le Guide Michelin, il est salué pour la justesse de sa cuisine, son authenticité à la française et cette générosité sincère qui fait le charme des belles tables de bistrot. Une reconnaissance qui confirme qu’ici, simplicité rime toujours avec exigence et gourmandise.

Chez Bruno Oger, chaque assiette raconte une histoire, chaque saveur réveille un souvenir. De la Bretagne à la Méditerranée, des produits du terroir aux trésors marins, le chef transforme l’ordinaire en émotions exceptionnelles, avec la précision d’un horloger et la poésie d’un conteur. Ici, la haute gastronomie se vit comme un art de recevoir, la cuisine devient une maison où l’élégance se mêle à la générosité, et où les étoiles, qu’elles soient Michelin ou du cinéma, ne sont jamais que le reflet du plaisir que l’on partage à chaque bouchée.

Bruno Oger n’est pas seulement un chef : il est un véritable artisan d’instants inoubliables.

La Bastide Bruno Oger

La Villa Archange – Le Bistrot des Anges

Rue de l’Ouest

06110 Le Cannet

+33 4 92 18 18 28

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