Quand le Japon new style contemporain s’inspire de la tradition provençale et du glamour de la Riviera, cela donne Zenirō, la nouvelle adresse hype et élégante aux assiettes fusionnantes et bien balancées.

Situé en retrait de la place Garibaldi et face au nouveau Jardin Sascha Sosno, l’établissement, qui a ouvert ses portes en janvier dernier, s’étend sur trois niveaux, trois vibrants espaces de vie : au rez-de-chaussée, le bar et la cuisine ouverte, à l’étage, le restaurant et son salon privé/ vinothèque, et enfin le rooftop, dont l’ouverture est prévue en mai.



La décoration, signée du designer cannois Samy Chams (La Guérite Cannes, Jimmy’z Monaco, Bagatelle Courchevel, Shelona St Barth et Queen Miami Beach), est racée, intime et feutrée, dans un style rétro chic exotique. Les matériaux sont cossus et charnels, aux influences mid-century : miroirs ciselés, bois brun profond, laiton patiné, tissus aux impressions brocart. Le tout est sublimé par une lumière tamisée, évolutive, tout comme l’ambiance au fil des soirées du week-end avec un DJ set, créant ainsi une atmosphère sensuelle et incarnée.





En cuisine, face au feu du charbon et de la braise, le jeune chef Ricardo Pérez, au parcours d’établissements nippons et fashion à l’international (Nobu London Shoreditch et Tapasake One&Only Portonovi), exécute une cuisine juste et bien placée qui, tout en rassurant les novices gourmets, les emporte vers les horizons lointains du Soleil-Levant.



Le concept raconte un voyage métissé entre le raffinement du Japon, ses techniques de cuisson, et la chaleur chantante de la Provence. La carte devrait vivre toute l’année au gré des saisons et des produits locaux. « Pour cette ouverture, notre ambition est de révéler l’essence de Zenirō, où l’artisanat japonais rencontre les produits provençaux, et d’immerger nos hôtes dans une expérience qui célèbre la saisonnalité, la pureté des ingrédients et la précision des gestes. »

Tout débute avec excellence et raffinement par les cocktails signés Jimmy Sénéchal (ancien chef barman de l’Hôtel Belles Rives et de l’Hôtel Les Roches Blanches), qui sont d’une précision rare et d’une infinie subtilité. Chacune de ses créations vous fait entrer dans le monde réel et non modeux de la mixologie, comme le Sumi (Hennessy VS, Dom Benedictine, Antica Formula, coco torréfié), l’Ansho (Whisky Suntory Toki, Fernet Branca, sésame grillé, agave, réglisse) ou l’Ennetsu (Tequila Patron Silver, aji amarillo, Genepi, sencha, huile piquante au sésame).



Ces cocktails signatures accompagnent en harmonie les snacks, tels les traditionnels Edamame (haricots branches), ces jeunes fèves de soja, qui sont généralement servies en apéritif, se font ici justement spicy en croque des cacahuètes. Le cube de Riz frit à la belle croustille, quant à lui, se tartine en allégresse d’un tartare de thon Akami en fine pâte iodée.


Pour suivre, les toujours très plébiscités Gyozas, ces petits raviolis des plaisirs gourmands, sont farcis de Wagyu et de Foie gras et se relèvent d’une suave sauce dashi & sésame. On aurait aimé que le foie gras et le wagyu aient plus de pertinence afin d’atteindre la belle balance attendue en bouche.

Le Homard, poire Nashi : cette salade d’un généreux homard s’acoquine de la vinaigrette de yuzu truffée et de la poudre de miso séché. C’est bon, frais et bien vu. Le Black cod au miso : ce plat légendaire créé par le chef Nobu, que ses aficionados appellent « The Cod Father », a fait le tour de toutes les tables tendances de la planète. Le chef Riccardo lui instille une claquante acidité avec la grenade et une inspirante croustille sudiste du basilic frit sur le dessus. Une version agréable et bien twistée mais surtout au tarif un peu moins stratosphérique que proposé habituellement dans ces lieux.


Aubergine miso, ratatouille & Hijiki : véritable coup de cœur et réussite de ce plat qui est l’essence de l’identité Zenirō, alliant les deux mondes avec perfection d’un Japon provençal, à l’image des Cœurs d’artichauts grillés, tartare de saumon new style (hélas non disponible lors de notre visite). L’envoûtante aubergine compotée, grillée et laquée au miso vibre avec la solaire ratatouille qui s’anime de l’iode des fines algues hijiki. Le souvent trop galvaudé « umami » n’est pas loin.

Le Filet de rouget, sauce sésame, salsa de riz : ce tendre rouget local se grille de la flamme avivée de la saveur du charbon binchotan qui lui confère un goût unique. La cuisson est sincère et laisse ce délicat poisson s’exprimer en parfait accord de la sauce sésame. Le riz, quant à lui, prend des airs dansants hispaniques de la salsa, une efficace touche des origines du chef.

Entrecôte de Boeuf Wagyu Kagoshima, Shiitaké, foie gras, teriyaki : pour les viandards difficile de résister à la Rolls du boeuf avec ce Wagyu japonais de la préfecture de Kagoshima au persillage ultime. Ce noble gras nourrit la viande de sa profondeur à la cuisson flammée. Le champignon shiitaké s’enveloppe du foie gras et de la douce sauce teriyaki qui fait son travail de rassembleur de saveurs. Les dressages peuvent parfois manquer d’un certain raffinement.

À la lecture de la carte, les nigiris et makis font joliment frétiller les papilles. Des associations pimpantes et pleines de promesses : nigiri unagi (anguille laquée), orange miso & kumquat ; Nigiri Wagyu, foie gras, huile de truffe & miso séché ; Maki soft-shell crab, concombre et avocat ; ou encore Maki Black cod & foie gras. Sur le papier, la partition semble prometteuse, mais à la dégustation, l’ensemble peine à véritablement décoller. Le riz, pourtant pilier absolu du sushi, n’est malheureusement pas au rendez-vous : assaisonnement imperceptible, texture un peu molle et température trop froide pour exprimer toute sa subtilité habituellement si troublante. Dans ces conditions, même les produits luxe ont du mal à jouer leur rôle. wagyu, foie gras, black cod… autant d’ingrédients puissants qui restent curieusement en retrait. Quant au soft-shell crab, attendu croustillant, il arrive imbibé et sans le relief espéré. Des compositions aux intitulés séduisants, mais qui, en bouche, manquent encore de cette précision et de cette vivacité qui font les grands sushis. Espérons qu’il ne s’agisse que d’un réajustement « technique » : un riz plus précis, une cuisson plus juste, un peu plus de chaleur et de croquant… et ces nigiris et makis pourraient alors pleinement révéler toute leur créativité et leur gourmandise si addictive.

Côté desserts, on craque de plaisir pour le Mango & coconut sticky rice et on plonge sans façon dans le Soufflé au chocolat, glace sésame.


La carte des vins est consensuelle, un peu bling international, sans réelle surprise, ce qui est attendu dans ce type de lieu qui pourrait se trouver à Miami ou à Saint-Tropez.
Le service, encore un peu tendu, est en phase de rodage, mais animé par cette vraie envie de faire plaisir. Mention spéciale à Marine, responsable de salle, qui apporte cette vision globale du service haut de gamme, avec des attentions justes et une pro-activité naturelle qui font toute la différence.
On attend désormais avec impatience l’ouverture du rooftop avec sa carte de cocktails et de petites assiettes dédiées, qui promet déjà de belles surprises et des inoubliables soirées sous le ciel étoilé niçois et le regard centenaire du spectaculaire olivier-niwaki, sculpté comme un bonzaï.

Pour découvrir Zenirō au calme et à la lumière du jour, le déjeuner Bento-Box, aux tarifs ajustés, constitue une alternative douce et savoureuse.
Zenirō s’impose comme la nouvelle adresse tendance qui manquait à Nice, offrant une cuisine asiatique contemporaine subtile aux délicates nuances.
Carte – Snacks / Entrées 7 à 49€ – 19 à 69€ – Nigiri / Sushi 10 à 33€ – Desserts 13 à 27€
Déjeuner Bento-box : entrée – plat – dessert – Formule Zenirō 27€ – Formule Veggie 23€
64, Boulevard Risso
06300 Nice
Tel : +33 (0)4.93.19.21.38


